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GLOSSAIRE
CIV.
Civilisation chinoise
|
LCH.
Langue chinoise
|
REL.
Religions
A
arhat
REL. Idéal du bouddhisme originel, l'arhat
s'attache à réaliser son propre salut. En chinois : luohan.
B
bodhisattva
REL. Dans le bouddhisme
mahayanique, désigne celui qui, parvenu à l'Éveil, renonce à en jouir tant que tous les êtres
ne sont pas sauvés.
bonze
REL. Prêtre bouddhiste.
buddha
REL. Celui qui a atteint l'éveil. Avec une majuscule,
désigne le buddha historique : Siddhârta
Gautama.
C
cinabre
CIV. Sulfure de mercure de couleur rouge, utilisé
notamment pour la fabrication du vermillon.
D
dao
CIV. Concept central de la pensée philosophique et religieuse de la Chine ancienne, fondement du
taoïsme. C'est la loi universelle qui
préside aux destinées des êtres et des choses, le principe premier de l'univers, invisible et
insaisissable, mais dont les manifestations engendrent depuis l'origine des temps tous les
phénomènes visibles et cachés.
Pour que l'homme puisse vraiment se réaliser, développer ses potentialités, préserver son
équilibre, il doit, infiniment petit, prendre sa juste place dans l'infiniment grand. En
retrouvant le chemin de la fusion de son énergie vitale (son qi) avec celle de
l'univers, il devient un homme accompli, un homme du dao : un
zhenren qui fusionne avec le dao. C'est ce vers quoi tendent
les pratiques du daoyin,
ainsi que les écoles internes de wushu à travers la maîtrise de l'énergie en
mouvement. Cette recherche a donné lieu à la recherche d'un dao mystique
(daojia) et d'un dao ésotérique (daojiao).
Le daojia est le taoïsme religieux proprement dit. Il privilégie la recherche de l'état
de zhenren par le mysticisme, l'étude des classiques taoïstes et l'érémitisme.
Le daojiao est le taoïsme populaire ; il privilégie la recherche de l'état
de zhenren par la magie, l'alchimie, la médecine traditionnelle et les techniques
sexuelles et d'alimentation. C'est ce taoïsme populaire qui sera récupéré par la
religion syncrétique.
Mais il ne faut pas croire que le concept de dao soit réservé au seul taoïsme. Le
confucianisme y fait également référence,
mais de façon différente : là où le taoïsme voit une loi universelle dans laquelle l'homme
doit se fondre pour devenir un zhenren, le confucianisme y voit une loi éthique et
morale à laquelle l'homme doit se conformer pour devenir un ren.
De même, le qi n'est plus le moyen de fusionner avec le dao, mais une
substance qu'il faut savoir modifier et rendre plus humaine, par exemple par l'observation des
rites ou par l'étude des classiques.
Le bouddhisme tardif fera également référence au dao par l'intermédiaire de sectes
plus ou moins syncrétistes.
Daode jing
CIV. Livre de la Voie et de sa Vertu, série de
poèmes rythmés et rimés d'une concision extrême.
Bien qu'il s'agisse d'un ouvrage poétique, la portée du Daode jing est avant tout
philosophique ; il prône le daojia pour échapper aux malheurs
(guerres, tyrannies, massacres, usurpations) caractéristiques de l'époque des Royaumes
Combattants (403-256 avant J.-C.), époque probable de sa rédaction ou de sa
compilation.
daoyin
CIV. "Diriger et tirer" : exercices
physiques et mentaux qui utilisent la maîtrise de la respiration, la gymnastique, la méditation,
la discipline sexuelle, etc.
F
fengshui
CIV. Géomancie chinoise qui enseigne que chaque chose,
de la plus petite à la plus grande, a une place précise dans l'espace qui, seule, lui donne
l'efficacité qu'elle est censée avoir.
C'est une véritable science qui permet de choisir des emplacements favorables pour
l'habitat humain : orientation de la maison, de ses pièces, des portes et fenêtres...
G
gui
LCH. Les gui sont les êtres surnaturels des légendes chinoises. Ce sont des esprits attachés
par un lien particulier au monde des mortels.
"Fantômes" en serait l'équivalent le plus proche en français.
Guilin Daopai
LCH. "L'école taoïste du fantôme de la forêt"
L'école taoïste du fantôme de la forêt n'est pas une école de wushu à
proprement parler, mais un recueil de techniques d'espionnage, de survie, de
stratégie militaire antique et de pratiques magiques transmis par des moines
taoïstes itinérants depuis la dynastie des Song (960-1279).
Cette école a pour ancêtre un dénommé Shi Qian, qui était un des héros du
roman Au bord de l'eau. Shi Qian, ou le voleur divin, avait
des techniques particulières pour s'échapper des prisons, défaire des liens
ou escalader des murailles. Il était de petite taille et l'on disait qu'il
pouvait même disparaître et faire des sauts prodigieux.
Au fil des générations, l'école du fantôme de la forêt assimila aussi les
arts de combat.
H
heshang
LCH. Moine bouddhiste.
L
lama
REL. Prêtre bouddhiste au Tibet ou en Mongolie, d'un mot tibétain signifiant "érudit".
Au Tibet, les lamas cumulent les pouvoirs spirituel et temporel à partir du
17me siècle.
M
moxa
CIV. Substance (telle que la poudre d'armoise) à laquelle on a donné le plus souvent la forme d'un
cône, qu'on fait brûler lentement sur la peau ou à une faible distance du corps.
N
Naqshabandiyya
REL. École soufie née à Boukhara
(en Sogdiane), où le fondateur est mort et fut enterré en 1389,
la Naqshabandiyya est un ordre asiatique. Le rituel de la confrérie est caractérisé par la
récitation à voix basse des litanies et par l'oraison mentale.
À partir du 15me siècle, la Naqshabandiyya supplante
pratiquement tous les autres ordres soufis d'Asie centrale. Elle se répand ensuite dans toute
l'Asie, et jusqu'en Europe.
À partir du 17me siècle, le rôle des cheikhs naqshabandis ne se
limite plus à l'enseignement, mais doit également œuvrer au sein de la société pour y
restaurer la charia (loi musulmane).
Bien qu'une minorité seulement de musulmans asiatiques se soient affiliés à cette confrérie,
celle-ci n'en a pas moins joué un rôle historique de premier plan, puisqu'elle a fourni des
missionnaires pour la conversion des populations et développé un mysticisme populaire qui a
facilité l'adhésion des masses.
Q
qi
CIV. Notion fondamentale de la pensée chinoise. Sa conception est complexe et le terme est difficile
à traduire. L'idéogramme est composé de l'élément riz et de l'élément
vapeur : celle qui est capable de soulever le couvercle de la marmite où cuit le riz.
Une étymologie claire.
Pour les mystiques taoïstes, le qi réside dans un ensemble d'influx invisibles parcourant
la terre (les veines du dragon), d'où l'orientation des mouvements du Taiji Quan par
rapport aux points cardinaux, mais aussi dans les organes génitaux, d'où les techniques sexuelles
développées par le taoïsme ésotérique.
R
ren
LCH. "L'homme bienveillant", idéal du
confucianisme.
S
soufisme
REL. Nom qui désigne une voie de spiritualité en islam,
regroupant l'ensemble des doctrines, des maîtres et des confréries mystiques d'inspiration
sectaire voire syncrétiste.
Bien que les musulmans asiatiques soient, en principe, dans leur immense majorité, sunnites, le
soufisme joue un rôle considérable dans la région. À l'origine, son caractère mystique, voire
panthéiste, semble avoir, plus que l'islam "orthodoxe", séduit les populations
nomades. Elles pouvaient de la sorte entrer dans la prestigieuse communauté musulmane sans
renier tout à fait le chamanisme auquel elles restaient attachées. Mais le soufisme n'est pas
seulement un mode d'approche de la religion, c'est en même temps le creuset de multiples
communautés. Le soufisme, en effet, se pratique sous la conduite d'un maître (cheikh) et
implique des passages initiatiques. Ainsi sont nées des organisations hiérarchisées et
ramifiées, les confréries soufies, qui, souvent liées aux corporations et pratiquant l'entraide,
sont devenues des rouages essentiels de la société.
W
wushu
LCH. "Arts martiaux", traduction fort approximative, car "martiaux" signifie
"guerriers", alors que le combat wushu est au départ une discipline monacale,
et non guerrière.
wuxia
LCH. "Chevalier errant", héros archétypal du genre wuxia pian.
wuxia pian
LCH. "Roman de chevalerie", genre littéraire mettant en scène des personnages héroïques
dans une Chine merveilleuse et vaguement historique. Ce genre est én réalité plus proche des romans de cape et d'épée
que de ceux de la Table ronde (pour donner une idée)...
Ce genre littéraire a ensuite donné naissance à un genre cinématographique illustré par des films comme
The Blade ou Histoire de fantômes chinois.
X
Xunzi
CIV. Ouvrage constitué de 32 chapitres, chacun formant
un traité théorique sur un sujet précis, rédigé à la fin de l'époque Zhou
(1122-221 avant J.-C.).
Cet ouvrage est complexe du fait qu'il prétend prendre en compte toutes les questions,
tous les enjeux apparus à l'époque des Royaumes Combattants (403-256
avant J.-C.), en les intégrant dans un ensemble structuré et cohérent, tout en défendant
l'héritage confucéen.
Y
Yi jing
CIV. Livre des mutations, traité de divination et de compréhension du monde qui remonterait
à l'époque Zhou (1122-221 avant J.-C.).
C'est le plus ancien des Cinq Livres classiques, et il est à la base à la fois de la philosophie
du taoïsme et de la morale du
confucianisme.
Z
zhenren
LCH. "L'homme vrai", idéal du
taoïsme.