[La magie chinoise | Les sortilèges]

6.0 - La magie chinoise

En Asie, magie et religion sont indissociables. C'est pourquoi la dichotomie simpliste "clerc – magicien" des jeux d'inspiration heroic fantasy n'a aucun sens dans BaSIC Chine Impériale. Un magicien tire sa magie d'une inspiration religieuse, et réciproquement tout religieux peut compter sur la magie liée à sa religion.

La magie chinoise se rattache ainsi à quatre grandes traditions :
  1. la magie chamanique
  2. la magie de bataille
  3. la magie taoïque
  4. la magie bouddhique

6.0.1 - La magie chamanique

C'était la magie pratiquée par les Chinois des temps antiques, ou encore celle qui est encore pratiquée aux époques qui nous intéressent par les peuples non-chinois vivant dans des provinces reculées.
La magie chamanique manipulait les forces fondamentales de la nature sauvage, les esprits, les humeurs animales ; elle était régie par les rapports complexes qu'entretenaient les chamanes avec les dieux antiques (shenling) et avec les esprits des ancêtres.

6.0.2 - La magie de bataille

Le nom primitif de cette tradition magique était fangshu, terme difficilement traduisible que l'on pourrait vaguement rendre par « art de la méthode ». Le fangshu était pratiqué par des magiciens appelés fangshi qui suivaient la religion très ritualisée de l'époque des Royaumes Combattants, à la charnière entre la religion antique et le premier taoïsme.
Le fangshu manipulait le yin-yang et les cinq mouvements élémentaires (wu xing) du souffle cosmique.
À l'époque des Royaumes Combattants, les fangshi allaient louer leurs services de royaume en royaume ; ainsi les sortilèges de fangshu se trouvèrent bientôt disséminés et connus à travers toute la Chine. Comme les fangshi participaient à toutes les grandes batailles de cette époque-là, le fangshu en vint à être connu sous le nom de magie de bataille.
La plupart des sortilèges communs sont par conséquent des sortilèges de magie de bataille.

À chaque sortilège de fangshu correspond un caractère chinois particulier ; cette correspondance fut fixée par les fangshi à l'époque des Royaumes Combattants. Pour lancer un sortilège de magie de bataille, le magicien doit visualiser ce caractère chinois en même temps qu'il dépense les points de magie requis. C'est pourquoi les magiciens se font graver les caractères correspondant aux sortilèges qu'ils connaissent sur leur arme ou sur leur bâton de marche, ou même se les font tatouer sur les mains. Si un magicien ne peut visualiser le caractère correspondant au sortilège qu'il veut lancer, il devra le "dessiner" du doigt dans l'air devant lui, ce qui lui prendra un round supplémentaire, intercalé entre le round de l'incantation et celui du lancement.

6.0.3 - La magie taoïque

Comme expliqué à l'article dao, les taoïstes à la recherche du dao se divisèrent assez vite entre ceux qui privilégiaient le mysticisme et l'érémitisme, et ceux qui privilégiaient la magie et l'alchimie.
Ce sont ces derniers qui développèrent la magie taoïque, qui se fonde sur la manipulation du langage et de l'écrit, sur des gestes symboliques, sur des signes ésotériques, et sur la création et l'utilisation d'objets magiques (épées, terres cuites, potions).

À chaque sortilège de magie taoïque correspond ainsi soit un geste particulier, soit un signe ésotérique, soit la manipulation d'un objet donné. En outre cette correspondance varie selon les écoles et les maîtres. Le MJ et le joueur devront se mettre d'accord sur cette correspondance pour chaque sortilège de magie taoïque connu par le personnage du joueur. Pour lancer un sortilège de magie taoïque, le magicien doit accomplir le geste nécessaire ou visualiser le signe ésotérique en même temps qu'il dépense les points de magie requis.

6.0.4 - La magie bouddhique

La magie bouddhique est pratiquée par les bonzes et les moines bouddhistes, ainsi que par des laïcs particulièrement pieux.
Les sortilèges de magie bouddhique sont reçus des bodhisattvas, qui aident de cette manière les autres bouddhistes à atteindre l'Éveil.
De façon générale, les adeptes du bouddhisme Hînayâna ne recourent pas à l'emploi de la magie, et ceux du bouddhisme Mahâyâna uniquement pour lutter contre les forces du mal. En revanche, pour les fidèles du mijiao, la magie est véritablement au centre de leur pratique religieuse.

À chaque sortilège de magie bouddhique correspondent (cf. 6.5.4) un extrait d'un Sûtra et un geste particulier des mains appelé mudrâ. Pour lancer un sortilège de magie bouddhique, le magicien doit réciter l'extrait du Sûtra, puis faire le mudrâ nécessaire en même temps qu'il dépense les points de magie requis. Au lieu de faire le mudrâ nécessaire, les adeptes du mijiao peuvent éventuellement visualiser le mandala approprié.

Rougong
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6.5 - Les sortilèges

Les sortilèges communs peuvent être appris par les PJ auprès de maîtres de magie, plus ou moins facilement selon leur profession.
Les sortilèges rares, eux, sont réservés aux magiciens ayant consacré leur vie à l'étude de la magie auprès d'un maître de magie unique, dont ils deviennent les disciples dévoués. Ces sortilèges rares sont divisés selon la tradition magique à laquelle ils se rattachent. Un magicien ne peut se spécialiser que dans une seule de ces traditions magiques.

6.5.1 - Les sortilèges de magie chamanique

Cette tradition s'étant malheureusement perdue, il n'est plus possible pour les PJ d'apprendre des sortilèges de magie chamanique.

6.5.2 - Les sortilèges de magie de bataille

La tradition du fangshu s'est également perdue, mais tous les sortilèges de fangshu n'ont pas été perdus. Les plus répandus sont devenus les sortilèges communs auxquels presque tous les lanceurs de sorts ont accès. Les moins connus ont été consignés dans des grimoires que les PJ peuvent trouver au cours de leurs pérégrinations.
Sortilège Catégorie Remarques
Magie de l'Air  
Magie Animale  
Animation
  si objets en terre  
  si objets en métal  
  si objets en bois  
Armure  
Charme  
Contre-magie    ◊
Contrôle des morts-vivants  ◊
Divination    ◊ (D)
Magie de l'Eau
  pour créer  
  pour commander  
Esprit de garde  
Exorcisme  
Fanatisme  ◊
Magie de Feu
  pour créer  
  pour commander  
Géomancie    ◊ (D)
Guérison  
Guérison surnaturelle  
Illusion
  pour l'invisibilité  
  pour toute autre illusion  
Métamorphose
  sur un autre personnage  
  sur soi-même  
Nécromancie  ◊
Perception du wuxing    ◊ (D)
Perception du yinyang    ◊ (D)
Portail cosmique    ◊
Rougong  
Soins
  pour blessure due à une arme  
  pour toute autre blessure  
Spiritisme  
Tatouage    ◊
Magie de Terre
  pour créer  
  pour commander  
Transe  
Union    ◊
Magie Végétale  
Ventouses  
Vitesse  
Vol  

Légende
Ce sortilège n'est pas soumis au mécanisme des affinités.
(D) Ce sortilège ne se transmet que de devin à devin.
bois Ce sortilège a une affinité avec l'élément bois
Il est dissipé par le métal, renforcé par l'eau.
eau Ce sortilège a une affinité avec l'élément eau
Il est dissipé par la terre, renforcé par le métal.
feu Ce sortilège a une affinité avec l'élément feu
Il est dissipé par l'eau, renforcé par le bois.
métal Ce sortilège a une affinité avec l'élément métal
Il est dissipé par le feu, renforcé par la terre.
terre Ce sortilège a une affinité avec l'élément terre
Il est dissipé par le bois, renforcé par le feu.
magie noire Magie noire — chaque utilisation réussie de ces sortilèges diminue de 10 le score de KAR

6.5.3 - Les sortilèges de magie taoïque

Ces sortilèges sont issus de la tradition du daojiao, presque aussi ancienne que les deux précédentes. Si l'objectif originel de cette tradition était la recherche de l'état de zhenren, la découverte de la puissance apportée par la manipulation du dao dévoya assez vite cette tradition, et la plupart des praticiens de la magie taoïque recherchent avant tout une puissance magique personnelle qui est en fait leur gagne-pain.
Sortilège Catégorie Remarques
Adresse héroïque  
Augmentation/Diminution
  si effet bénéfique  
  si effet maléfique  ◊
Confusion  ◊
Conjuration  
Conjuration démoniaque  
Détection des substances    ◊
Détection du mensonge  
Dissipation de la magie    ◊
Enchantement    ◊
Harmonisation  
Lumière/Ténèbres
  si lumière  
  si ténèbres  
Malédiction  ◊
Paralysie  ◊
Sommeil  
Télékinésie  
Téléportation  
Terreur  

Légende
Ce sortilège n'est pas soumis au mécanisme des affinités.
eau Ce sortilège a une affinité avec l'élément eau
Il est dissipé par la terre, renforcé par le métal.
feu Ce sortilège a une affinité avec l'élément feu
Il est dissipé par l'eau, renforcé par le bois.
métal Ce sortilège a une affinité avec l'élément métal
Il est dissipé par le feu, renforcé par la terre.
terre Ce sortilège a une affinité avec l'élément terre
Il est dissipé par le bois, renforcé par le feu.
magie noire Magie noire — chaque utilisation réussie de ces sortilèges diminue de 10 le score de KAR

6.5.4 - Les sortilèges de magie bouddhique

Comme expliqué au chapitre consacré aux religions chinoises, la différence fondamentale entre le bouddhisme Hînayâna et le bouddhisme Mahâyâna est que l'adepte de ce dernier désire devenir un bodhisattva, càd un être qui préfère se manifester dans le monde plutôt que de se retirer dans le nirvâna, afin de veiller sur le bien-être de l'humanité. L'envoi de sortilèges de magie bouddhique est un des moyens adoptés par les bodhisattva pour aider l'humanité. Les sortilèges de magie bouddhique associent la récitation d'un Sûtra consacré au bodhisattva dont on implore la protection à des gestes magiques appelés mudrâ. Le lanceur du sortilège doit donc être à même de pouvoir réciter le Sûtra à voix haute et de bouger librement ses mains pour que le sortilège puisse avoir un effet.
Quant aux adeptes du mijiao (ou tantrisme), ils privilégient la récitation de certains extraits des Sûtra appelés mantra, dont le sens importe moins que la valeur phonétique, douée de pouvoir. Ils remplacent également parfois les mudrâ par des dessins magiques appelés mandala. Un mandala peut être tracé à l'avance et réutilisé.
Sortilège Catégorie Remarques
Abondance  ◊
Allure de Bodhidharma    ◊
Bénédiction  ◊
Châtiment karmique  ◊
Clairvoyance  ◊
Éloquence de Mañjusri  ◊
Glossolalie    ◊
Lévitation    ◊
Maillet de diamant  ◊ (M)
Mandala  ◊ (M)
Mantra d'Avalokitesvara  ◊ (M)
Mantra de Bhaisajyaguru  ◊ (M)
Mantra de Târâ  ◊ (M)
Protecteur du Dharma  ◊ (M)
Protection  ◊
Résurrection  ◊
Sûtra d'Ullambana  ◊
Troisième œil  ◊ (M)

Légende
Ce sortilège n'est pas soumis au mécanisme des affinités.
(M) Ce sortilège ne se transmet que parmi les adeptes du mijiao ou, plus tard, du lamaïsme.
magie bouddhique Magie bouddhique — seul un personnage dont le KAR est supérieur ou égal à 75 peut lancer des sortilèges de magie bouddhique

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