Vent des Steppes
Cette extension n'a pas la prétention d'être 100% fidèle à la réalité historique, mais a pour but de faire évoluer les joueurs dans un monde tel que se l'imaginaient les nomades ou les Chinois, et reste complètement subjective. Loin des donjons obscurs et des villes grouillantes, elle est une invitation à vivre des aventures en extérieur, à parcourir la vaste steppe, le terrible désert de Gobi ou les forêts sibériennes.
Les peuples décrits sont ceux dont les traditions seront restées les plus purement barbares. Les vagues d'invasion successives de la Chine du nord (ainsi que de l'Asie centrale sous influence persane) ont rapidement conduit à une assimilation par les cultures sédentaires plus développées, faisant perdre aux tribus leur sauvagerie. Le Khan s'empressait d'ailleurs de prendre le titre d'empereur en Chine. Et ceci jusqu'à l'arrivée d'une nouvelle horde issue de Mongolie centrale, de Mandchourie ou du haut Altaï.
Si les tribus changent, les relations avec l'empire Chinois sont étonnamment uniformes : apparition d'une nouvelle horde, paiement de lourds tributs aux Khans ou mariages princiers pour assurer une paix plus que précaire, puis finalement invasion du nord de la Chine par les nomades, remplaçant les tribus précédentes déjà sinisées.
Enfin, une lutte incessante a été menée pour le contrôle des oasis du Tarim (ouest de la Chine actuelle) qui menaient jusqu'au monde persan et à l'occident : c'est là que passait la fameuse Route de la soie.
Cependant, des moines bouddhistes ou chrétiens, des marchands empruntant la Route de la soie, des émissaires cherchant des alliances, des magiciens taoïstes témoignent des relations parfois plus pacifiques entre des sédentaires et les tribus nomades qui pouvaient s'instaurer entre deux razzias.
La permanence de la culture et du mode de vie nomade pendant des siècles permet d'appliquer cette description des Huns à tous les peuples nomades des steppes d'Eurasie, des Scythes indo-aryens de Russie au 7ème siècle avant J.-C. aux Mandchous toungouses du 17ème siècle après J.-C.
La présente extension se limitera aux peuples limitrophes de l'Empire chinois, au nord de celui-ci, dans une zone allant de l'Altaï à la Mandchourie. Au milieu de cette zone se trouve la Mongolie Extérieure moderne, berceau des peuples qui, par vagues successives, ont surgi de la steppe et des forêts sibériennes pour ravager la Chine : Ruanruan (Mongols), Xiongnu (Huns), Tujue (Turcs), Qidan, Ouighours (Turcs), Nüzhen ou Djourtchètes (Toungouses), Mongols fédérés. Ces peuples seront décrits dans leur phase purement barbare, avant sinisation. Le MJ pourra tempérer les traits typiquement nomades par des habitudes plus chinoises (influence bouddhique par exemple) dans le cas des tribus installées dans le nord de la Chine depuis plusieurs générations.
Bien entendu, l'extension pourra être utilisée pour d'autres tribus ou d'autres peuples à d'autres époques, mais aux coutumes similaires : Huns d'Attila, Kiptchaks de Crimée, ou même Scythes antiques (bien qu'indo-aryens, ceux-ci ont des modes de vie très similaires aux turco-mongols).
La Mandchourie est le cœur des peuples toungouses. La Mongolie, elle, aura vu se succéder des Mongols et des Turcs.
La steppe, plaine aride royaume des troupeaux et des éleveurs de chevaux, s'étend du nord de la Chine à la Hongrie. Elle est barrée par les chaînes de l'Altaï (Mongolie occidentale) et du Tianshan (frontière sino-kazakhe). Toutefois la continuité de la steppe est assurée par la dépression de Dzoungarie qui sépare ces deux chaînes, et par la plaine boisée sibérienne au nord.
Le nord de la Corée ainsi que toute la Sibérie sont couverts de forêts. Là sont les éleveurs de rennes.
Enfin, plusieurs zones désertiques (Ordos dans la boucle du fleuve Jaune, Tarim et son chapelet d'oasis, et bien sûr le terrible Gobi, l'un des déserts les plus durs de la planète) ont suscité le développement de l'usage du chameau.
La zone située entre le Gobi et le fleuve Jaune verra se succéder la domination chinoise et nomade. C'est aussi une zone privilégiée de razzias pour ces derniers.
En termes de jeu, les membres des tribus de chaque peuple se comprennent à 80%. La compréhension entre peuples est de 25%.
Les hommes sont de type asiatique, la peau brunie par la vie extérieure. Leur description par les sédentaires est effrayante : sanguinaires, les membres torves, la peau brune, les pommettes saillantes, la tête ronde et large, hirsutes et sales. Ils sont fréquemment comparés à des loups, dont les Turcs prétendent d'ailleurs être les descendants (la tête de loup constitue l'emblème des Tujue).
Organisés en tribus, ils sont en conflit permanent entre eux pour des zones de pâture, pour des vengeances, pour enlever des femmes... Ce sont des guerriers montés maniant de préférence l'arc, discipline où ils excellent.
Ils se nourrissent essentiellement de viande d'élevage (cheval, mouton, yack...), de laitages, ou de gibier chassé individuellement, par petits groupes ou lors de grandes battues.
N'ayant ni ville, ni rempart, vivant dans un monde hostile où le danger est permanent, le nomade doit développer des vertus guerrières (courage, vigilance, habileté dans le maniement des armes) qui feront de lui un des guerriers les plus redoutés de l'histoire.
L'ouest est la zone touchant le Tarim. Le centre est le Gobi et l'Ordos. L'est est la Mandchourie. Le Nord concerne les tribus au-delà des tribus frontalières.
En gras les empires dominants et menaçant la Chine
Période Tang
| Période | Ouest | Centre | Est | Nord |
|---|---|---|---|---|
| 618-745 | Tujue occidentaux | Tujue orientaux | Qidan | Ouighours |
| 745-840 | Qarlouq | Sha Tuo | Qidan | Ouighours |
| 840-920 | Ouighours | Sha Tuo | Qidan | Kirghizes |
Période intermédiaire
empire Qidan (dynastie Liao en Chine du nord - à partir de 947)
empire Djourtchète (royaume Jin en Chine de nord - à partir de 1126)
Les Djourtchètes sont toungouses.
Période Yuan
Mongols genghiskhanides, fédération de "ceux qui vivent sous les tentes de feutre" (Mongols, Merkit, Kereit, Naiman, Qonggirat, Tatars, Ouighours et même Alains indo-aryens chrétiens...) en Chine et en Mongolie. L'empire Yuan est bordé au nord-ouest par le Khanat de Djaghataï (vassal des Qaghans Qubilaïdes), dont les Ouighours sont la tribu frontalière.
Période Ming
Morcellement des tribus mongoles.
1438-1550 : domination des Oirat (ou Kalmouks) en Mongolie.
Succession de tentatives d'unification des Mongols. Tribus des Khalkha, des Ordos, des Oirat...
1644 : conquête de la Chine et pacification de la Mongolie par les Mandchous
Période Qing
Khalkha au nord (17ème siècle)
Ordos, Tümet, Tchakhar... au centre et est
Qoshot (Oirat) à l'ouest
NOTE : par la suite, par souci de simplification, les peuples turcs, mongols et toungouses seront appelés Nomades.
tableau synoptique historique et cartes ici
Les nomades n'écrivent pas, à l'exception des Ouighours dont la conversion au manichéisme puis au bouddhisme a eu un effet civilisateur important. Ils ont inventé un alphabet encore utilisé aujourd'hui (à côté de l'alphabet cyrillique plus usité).
Le sédentaire est méprisé : c'est un piètre guerrier. Un des généraux de Genghis Khan, après la conquête de la Chine du nord, trouvant que les populations autochtones n'étaient pas utiles car incapables de se battre correctement, proposait de s'en débarrasser en les passant toutes par le fil de l'épée. Cela représentait environ 10 millions d'habitants. Heureusement, un conseiller Qidan sinisé sut démontrer à Genghis Khan que ces gens étaient source de richesses qui, par le biais de l'impôt, rapporteraient gros à l'empire. Les Chinois furent épargnés.
Inversement, les Turcs et autres Mongols inspirent une sainte terreur à leurs voisins. La réalité ressemble d'ailleurs bien souvent à l'image que l'on en a. Il y a eu des dizaines d'Attila. Pour un sédentaire, le Mongol est un loup crasseux, un genre de centaure effrayant et sanguinaire, insaisissable. Les nomades ont toujours été une plaie pour leurs voisins.