Vent des Steppes
Dans ce contexte, les conflits pour la domination d'un territoire de nomadisation sont fréquents. La guerre est une des activités majeures des Nomades, à côté de la chasse et de l'élevage.
L'homme assure la sécurité de sa famille. Il chasse (y compris à l'aigle), s'occupe des chevaux, part à la guerre à l'appel de son khan pour razzier d'autres tribus ou pour de longues chevauchées vers les riches sédentaires.
Les enfants commencent à monter dès l'âge de 3 ans sur des poulains. Les bébés sont appelés par des surnoms ou des formules péjoratifs, afin de ne pas attirer les mauvais esprits sur eux.
L'héritage est partagé équitablement entre les fils. Ce partage donne lieu à des rixes voire à des guerres dans le cas de l'héritage de khans, dont les ennemis nomades, chinois, arabes, russes ou perses profiteront.
Les relations entre les individus sont rudes et sans détour, et cela reste vrai pour les relations entre hommes et femmes. Celles-ci s'occupent du ger quand les hommes font la guerre ou partent à la chasse. Elle font la nourriture, les vêtements... Une bonne épouse a toujours quelque chose à faire, et se lève avant son mari pour raviver le feu et faire bouillir le lait. Durant les migration, elles restent sur les chariots et continuent leur tâches comme à l'arrêt.
Le ger est monté en une demi-heure. Il est posé sur le sol, par respect pour la terre.
Il est constitué d'une armature de bois : un sol en planches, des murs circulaires en
treillis de bois en 3 à 6 parties selon la taille du ger (et plus pour les
puissants khans), des rayons concentriques s'appuyant sur les murs et fixés à un armature
circulaire d'un mètre de diamètre environ. Cette armature constitue le sommet du ger par
où est évacuée la fumée. Elle repose sur deux piliers.
Le diamètre total d'un ger est de 3 à 6 m.
Lors des migrations, les ger sont posés tels quels sur des chariots à quatre roues tirés par des chevaux, des chameaux ou des yacks. Les femmes s'y abritent et continuent à vaquer à leurs tâches alors que le chariot avance.
Ils peuvent aussi être démontés et enfermés dans des chariots plus petits.
Dans l'animal, tout se mange : tête, tripes, yeux, sang, graisse...
Un espion khwarezmite rapporte avoir vu un Mongol ramollir un boyau séché dans de l'eau, saigner son cheval pour remplir le boyau de sang, puis faire bouillir ce genre de boudin pour le dévorer.
On mange du fromage dur et aigre, du yaourt, la peau du lait bouilli.
Le porc et les sucreries sont réputés immangeables.
La boisson nationale est l'ayrag (dit koumis en français d'après un mot russe).
Il s'agit de lait de jument fermenté faiblement alcoolisé (autour de 1 degré), moussant
comme de la bière, aigre au goût. D'ordinaire très sobres, les Nomades se livrent à des
beuveries sauvages lors de célébrations particulières (mariages, fêtes religieuses...).
L'autre boisson très répandue est le thé au lait salé. On fait bouillir le thé, le sel et le
lait ensemble. Sinon, le simple lait bouilli (lait de vache, de brebis, de chèvre ou de chamelle
- très riche) est couramment consommé.
Contre le froid hivernal, on porte sur des tuniques des vestes et des manteaux de fourrure ou de
peau de mouton. Cette dernière est portée poils à l'extérieur ou vers le corps, selon les
habitudes de la tribu. Contre les grands froids, il est plus efficace de porter les fourrures
poils vers le corps.
Dans l'ordre de rareté croissante (et de prix), on trouvera la pelisse de mouton (couramment
portée), la fourrure de marmotte, de loup, plus chère mais la plus efficace contre le froid, la
zibeline et l'hermine, fourrures de prestige réservées aux khans.
On ne peut pas parler des vêtements sans citer le deel mongol : il s'agit d'un
manteau long, fermé sur le côté par des boutons à l'épaule et une large ceinture de tissu orange
d'une longueur de 3 mètres. Le deel est le vêtement typique des Mongols.
La tête est couverte d'un bonnet de fourrure couvrant les oreilles, les poils vers l'intérieur.
Enfin, les nomades sont chaussés de bottes de cuir protégeant aussi bien du froid que des étrivières.
Si on est convié à manger, on se sert avec les doigts : celui qui utilise son couteau ou une cuiller pourrait être soupçonné de ne pas vouloir se graisser les doigts afin qu'ils ne glissent pas sur la corde de l'arc, trahissant ainsi des intentions hostiles.
Les troupeaux se déplacent vers les pâturages. Un bon éleveur saura les mener là où l'herbe pousse. Ainsi s'est développé le mode de vie nomade. On reste entre en général une saison au même endroit. Lorsque l'herbe vient à manquer, dévorée par les bêtes, ou que le climat devient trop rude, il faut repartir vers de nouveaux pâturages. Ainsi les troupeaux se nourrissent-ils seuls, sans nécessiter de foin ou de grain, mais doivent être déplacés en permanence. Ceci explique l'absence de porc, lapin, poule et autres animaux universellement élevés par les sédentaires. C'est aussi ce qui a conféré aux armées nomades leur inégalable mobilité stratégique.
L'hiver, les bêtes grattent la neige à la recherche de l'herbe gelée et conservée par le froid. Des réserves de fourrage auront aussi été constituées et amassées dans des abris, mais elles restent très insuffisantes. Durant les plus rudes hivers, beaucoup de bêtes meurent gelées. Au printemps, les troupeaux sont faméliques. Ils se reconstitueront tout l'été et l'automne afin d'aborder l'hiver avec des réserves suffisantes. C'est aussi à l'automne que l'activité guerrière est la plus intense : les chevaux sont à leur forme maximale.
Les chevaux, bovins et chameaux sont utilisés comme animaux de bât. Les chevaux, et chez
certaines tribus du désert les chameaux, sont utilisés pour la monte. Tous sont mangés (les
chameaux moins que les autres car plus rares), à côté des produits de la chasse. Le cuir est
utilisé pour fabriquer des lanières, des vêtements, des protections...
Les fourrures et la laine permettent de confectionner des vêtements chauds. Les poils sont
foulés et transformés en feutre dont seront faits les ger : les poils sont regroupés
en un grand cylindre d'environ 2 m de long et 50 cm de diamètre, qui ensuite est
roulé sur le sol, tiré par des chevaux. Les os même sont utilisés par les plus arriérées des
tribus comme outils, et notamment comme pointes de flèches très dures.
Dans la steppe dépourvue d'arbres, les bouses séchées servent de combustible principal. Elles
sont récoltées par les femmes, et parfois entassées en prévision de l'hiver. Constituées
essentiellement de résidus d'herbe, elles brûlent très bien.
Enfin, les Nomades possèdent quelques chiens, dont le rôle reste limité à garder la tente et à éloigner les loups.